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Belphégor (HBO Max) : le mythe revisité

Shirine Boutella est Hafsa Moreau dans Belphégor sur HBO Max.
Shirine Boutella est Hafsa Moreau dans Belphégor sur HBO Max. Caroline DUBOIS/PATHE/HBO Max/M6

Cette relecture contemporaine du roman d’Arthur Bernède redonne vie au mystère qui en son temps avait fait frémir la France entière.

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Soixante ans après la minisérie qui fit frémir la France entière, HBO Max, en association avec M6, et pour la première fois, avec Pathé Production, propose cette nouvelle lecture du monument de la littérature populaire française de la première moitié du XXe siècle. Elle pioche dans le best-seller imaginé en 1927 par le librettiste et écrivain Arthur Bernède et dans la minisérie de l’ORTF réalisée en 1965 par Claude Barma sur un scénario de Jacques Armand. Sans doute puise-t-elle aussi dans la version cinématographique de Jean-Paul Salomé, avec Michel Serrault dans le rôle de l’inspecteur et Sophie Marceau dans celui de l’héroïne. Sans s’en défendre, les producteurs et auteurs de cette nouvelle mouture ont surtout pour ambition d’offrir un récit en phase avec l’époque et son style, le XXIe siècle. Les rôles féminins auront plus d’épaisseur. Les questions abordées en toile de fond seront plus actuelles. La fantasmagorie intrinsèque à Juliette Gréco, égérie de la minisérie des années 1960, laissera la place à l’ultra-contemporain.

Le polar fantastique, lui, sera omniprésent. « Notre objectif : réinventer le récit, s’appuyer sur les fondamentaux du mythe, avec son fantôme, le Louvre , les meurtres, la jeune femme possédée et ce mystère à résoudre, pour construire une intrigue nouvelle, pertinente, actuelle, de sorte à captiver ceux qui connaissent la marque, mais aussi ceux qui ne la connaissent pas », souligne Aude Albano, la productrice et directrice du nouveau département séries de Pathé, dont c’est la première grosse production sérielle.

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Course contre la montre

L’enjeu, à l’évidence, est de taille. « Dès lors que nous touchons à la création, n’est-ce pas toujours le cas ? », souffle celle pour qui Belphégor  sonne comme une madeleine de Proust. Elle rejoint en cela le créateur et auteur Nils-Antoine Sambuc (En thérapie ), trop jeune pour avoir connu, en son temps, la série en noir et blanc, mais enthousiasmé par l’intelligence de l’intrigue, son romanesque et, au-delà du fantastique, son caractère d’universalité. « J’y ai vu d’emblée de quoi construire un récit propre à fédérer l’ensemble des publics. »

Au centre du récit, deux femmes. Hafsa Moreau (Shirine Boutella, dont c’est l’un des premiers grands rôles de série), transfuge de classe, restauratrice d’œuvres d’art, tout juste embauchée dans les ateliers du Musée du Louvre. Elle est passionnée et talentueuse mais elle est aussi jeune et impulsive. La voilà plongée dans le chaos d’un étrange sortilège lié à la présence d’un masque millénaire du dieu de l’orage, Belphégor. Lorsque le masque disparaît, elle devient la suspecte idéale. Élise Wagner (Aure Atika), nouvelle directrice du département des antiquités orientales de l’institution. « Une femme politique et ambitieuse, dit-elle, pour qui la disparition du masque, alors qu’elle vient d’être nommée, s’annonce comme le plus gros enjeu de sa carrière. »

Pour les soutenir, deux hommes. Le père d’Hafsa, incarné par Kad Merad, à la fois absent et omniprésent. L’ex-mari d’Élise, Joseph Bellegarde (Vincent Elbaz), recruté par son entremise à la tête de la sécurité du Louvre après avoir déserté les rangs de la police. Il est une lointaine émanation de l’enquêteur André Bellegarde, autrefois incarné par Yves Rénier.

Les quatre épisodes les suivent dans une course contre la montre. L’intrigue, troussée, s’attache autant à l’enquête, façon Da Vinci Code, qu’aux trajectoires des personnages, particulièrement celui d’Hafsa. Malgré quelques raccourcis scénaristiques surprenants : une expurgation du texte parfois brutale, au profit du creusement d’aspects plus proches des préoccupations des téléspectateurs d’aujourd’hui mais au mépris de la poésie, et le parti pris d’inscrire le récit dans le Paris d’aujourd’hui, au risque de décevoir les amateurs de belles reconstitutions, l’ensemble est bien dosé. Le support, il faut dire, est solide. Et le travail des scénaristes, comme de l’ensemble de l’équipe, est évident.

Dans un paysage audiovisuel français où les adaptations des grands textes littéraires, qu’elles soient fidèles ou libres, a de toute évidence retrouvé des couleurs, nul doute que ce Belphégor trouve son public.

Belphégor (HBO Max) : le mythe revisité

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