«C’est une faute professionnelle de ne pas imiter Jordan Bardella» : Nicolas Canteloup, toujours en selle
PORTRAIT - Imitateur le matin et cavalier l’après-midi, il a fait son retour à la radio, sur RMC, quatre ans après son départ d’Europe 1. Menant une vie monacale, il envisage de créer sa propre école d’équitation pour aller au bout de sa passion.
Passer la publicité Passer la publicitéPhilippe Martinez, Rachida Dati, Éric Ciotti, Nicolas Sarkozy, Nadine Morano, François Hollande, Emmanuel Macron… Au fil des années, Nicolas Canteloup a accumulé tant de voix qu’il ne sait plus précisément combien il en imite. Plusieurs centaines, sans doute. Peut-être davantage. Peu importe. Ce qui le préoccupe aujourd’hui, c’est la voix de Jordan Bardella, l’une des rares de la nouvelle génération qui manque encore à son catalogue. « C’est une faute professionnelle de ne pas l’avoir », reconnaît-il sans détour lorsque nous le rencontrons début novembre.
Depuis un mois, l’imitateur a retrouvé la radio, cette fois sur RMC, aux côtés d’Apolline de Malherbe. À 8 h 50, il dispose de sept minutes pour tourner l’actualité en dérision, parfois en présence de l’invité politique du jour. Un exercice qui amuse certains et rebute les plus susceptibles. Ce matin-là, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, interrogée juste avant, a préféré sécher. « Ils ont souvent poney », ironise-t-il. Pour d’autres, ce moment léger est devenu un outil de communication, une manière d’adoucir leur image. Nul doute que le président du Rassemblement national se prêtera au jeu lors d’un prochain passage.
Passer la publicitéSeize ans à Europe 1
D’où l’urgence pour Canteloup de s’y préparer. « Bardella est difficile parce qu’il a une voix très neutre », explique-t-il. « Mais je commence à trouver des pistes : une musicalité particulière, un ton pédagogique. Il prend de grandes respirations avant de parler et agite beaucoup les mains », décrit l’homme de 62 ans. « J’avais eu le même problème avec Ségolène Royal en 2007. Et puis un jour, c’est venu. »
À l’époque, il n’est sur la station au logo bleu que depuis un an. À l’antenne, Jean-Pierre Elkabbach lui passe le relais, et Canteloup se retrouve à livrer un billet d’humeur face aux invités chaque matin. L’effet est immédiat. Les responsables politiques rient de bon cœur, le public suit, les salles se remplissent. Sa notoriété s’installe et en 2011, TF1 le sollicite pour une pastille humoristique quotidienne après le «JT 20 Heures » (exercice qu’il continue de mener).
On aurait bien continué. Il y avait la présidentielle l’année suivante, mais avec le changement de propriétaire, c’était normal que les choses bougent
Nicolas Canteloup
Et c’est seulement en 2021, seize ans après son arrivée, qu’il quitte Europe 1. Un départ précipité par le changement de direction au sein de la station, désormais contrôlée par le groupe Bolloré. « On aurait bien continué. Il y avait la présidentielle l’année suivante, mais avec le changement de propriétaire, c’était normal que les choses bougent. » Il admet toutefois que la ligne nouvelle de la station l’aurait conduit, tôt ou tard, à partir. « Tout d’un coup, il y a eu quelque chose d’assumé sur une opinion, donc on ne savait pas trop à quelle sauce on allait être mangés. Je ne sais pas si ça aurait tenu très longtemps. »
«Quand Caverivière est parti, on a perdu un bon»
Cet épisode n’empêche pas Canteloup aujourd’hui d’écouter et regarder les chaînes du groupe Canal+, à l’instar de CNews, grâce à laquelle il a capté la voix de Pascal Praud, qu’il reproduit chaque semaine. Car, pour « attraper » une intonation, il regarde des heures durant toutes les chaînes info où les politiques de premier et second plans défilent. Peu après son réveil, à 5 heures, il lit la presse pour s’imprégner de l’actualité. Il teste ensuite ses trouvailles auprès de ses auteurs et de son entourage, des oreilles de confiance qui composent son laboratoire quotidien. D’un naturel discret, presque effacé loin des studios, il ne cesse de citer son équipe : Arnaud Demanche, Laurent Vassilian, ses auteurs en télé et radio, sans oublier son producteur, Jean-Marc Dumontet, figure incontournable du milieu parisien. « C’est un travail collectif », répète-t-il souvent comme un mantra.
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Parmi ses anciennes plumes, un certain Philippe Caverivière, aujourd’hui figure phare de RTL et « Quelle époque ! » sur France 2. « Je suis triste : on a perdu un bon. L’école Canteloup », plaisante-t-il. « Ses textes sont ciselés. Au début, il envoyait dix balles : neuf finissaient dans le filet, mais celle qui passait était géniale. Et comme il est bosseur et très exigeant, il a vite compris où il fallait aller. »
Passer la publicitéL’école Canteloup trouve surtout sa source au Club Med. C’est là que Canteloup a rencontré Philippe Caverivière : lui était chef des sports d’un village et son futur auteur, moniteur de fitness. « Le Club, c’est l’un des rares endroits où on vous laisse prendre la parole, monter sur scène devant des centaines de personnes, alors que vous êtes gauche, maladroit et incompétent. Et les gens vous applaudissent quand même », résume-t-il. Après cette expérience, il monte à Paris et débute dans « Les Guignols de l’info » sur Canal+ aux côtés d’Yves Lecoq pour doubler les voix du sport principalement, de Fabien Barthez à Nelson Monfort. Puis rejoint le canapé rouge de Michel Drucker dans « Vivement dimanche » pour des interventions régulières.
Régime drastique
Ils sont finalement peu sur la place de Paris à imiter, à l’exception de Marc-Antoine Le Bret, Patrick Sébastien ou encore Michaël Gregorio. Durant ses années à Europe 1, Canteloup est d’ailleurs souvent comparé à son homologue de RTL, Laurent Gerra, qui officie à la même heure. Une rivalité fabriquée de toutes pièces selon ce dernier. « Les médias ont monté cette guéguerre, nous a récemment confié l’humoriste. On ne se connaît pas beaucoup avec Nicolas, on s’est croisés deux fois. Je n’ai pas fait ce métier pour la compétition et il y a de la place pour tout le monde », tranche l’autre vedette des ondes.
Il faut dire que les deux hommes sont aux antipodes l’un de l’autre. Gerra, bon vivant, toujours partant pour un dîner tardif dans un bouchon lyonnais ; Canteloup, silhouette longiligne (1,85 m pour 69 kg, selon nos confrères de L’Équipe), ne mange qu’un seul repas par jour, le dîner, et se couche aux alentours de 21 heures. Un mode de vie quasi monacale. « Les kilos sont les ennemis des chevaux », complète l’intéressée.
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Car l’autre passion de Canteloup, la première, c’est le cheval. Il vit d’ailleurs dans une écurie, à Maisons-Laffitte (Yvelines), avec ses trois montures : Cerutti, Gueule d’Amour et Hidalgo. Il les monte chaque jour, qu’il pleuve, vente ou neige. « Je suis comme un Indien, un vrai monsieur météo », explique celui qui emmène même ses chevaux en vacances, en Angleterre cet été. Instructeur, il forme les moniteurs et nourrit désormais un projet : créer sa propre école d’équitation. Il a d’ailleurs appris à ses quatre enfants à monter. L’aînée, Anouk, 25 ans, cavalière professionnelle, vise les JO de Los Angeles 2028.
Deux saisons signées
L’équilibre est un mot qui revient souvent chez Canteloup. C’est ce que lui procure sa double vie, entre le monde des médias et l’équitation. « Je me suis rendu compte que c’était une chance. Être sous les projecteurs, ce n’est pas naturel et finalement très éphémère. Quand vous ratez un sketch, vous pouvez ruminer toute la journée. Certains amis m’appellent quand ils se plantent et ressassent. Quand ça m’arrive, je pars faire un galop, et c’est fini. »
Passer la publicitéCette autre activité lui apporte surtout de la liberté. Canteloup ne nourrit pas une peur du lendemain. « Le jour où ça s’arrêtera, je sais ce que je ferai. » Mais la retraite médiatique n’est pas encore pour tout de suite, puisqu’il a d’ores et déjà signé pour deux saisons de « C’est Canteloup » sur TF1 et RMC, autrement dit jusqu’à la présidentielle. Ses Jeux olympiques à lui.









































Biker44
le
J’ai été le voir une fois en spectacle mais il m’a déçu ! Pas au niveau. Sur TF1 c’est la bien-pensance mais comment peut-il faire autrement en ayant Dumontet l’ami de notre grand leader comme producteur ?
Instable arriviste
le
Il faut qu'il en profite car bientôt il sera interdit d'imiter Bardella dans un but comique.
Harry Kover
le
Ni Gerra ni lui , le seul excellent imitateur était Le Luron.