Désenchantées (France 2) : cœurs à vif
Adaptée du best-seller de Marie Vareille, cette minisérie livre une exploration émouvante de l’adolescence, sur fond de polar.
Passer la publicité Passer la publicitéAprès Skam France, Germinal, Anaon et Rivages, David Hourrègue, consacré en peu d’années grand réalisateur du petit écran, signe Désenchantées , thriller intime adapté du roman éponyme de l’auteur français à succès Marie Vareille.
Déclinée en quatre épisodes, diffusés ce soir et mercredi 19 novembre sur France 2, l’histoire a pour point de départ le retour au pays natal de Fanny (Marie Denarnaud), journaliste à Paris, à qui sa rédactrice en chef commande une enquête express sur la disparition de Sarah Leroy, vingt-cinq ans plus tôt, dans la petite station balnéaire de Bouville-sur-Mer, en Normandie. Le drame, alors, avait ému la France entière. Un homme avait été arrêté puis écroué. Mais dans quelques jours, il sortira de prison. Désenchantées est donc une histoire judiciaire. Mais pas seulement. Au-delà de l’investigation de la reporter, épaulée ou entravées ici ou là par un vrai flic, c’est aussi et surtout une histoire familiale, d’amitié, de premières fois et de sororité. Celle de Fanny, de sa sœur Angélique (Constance Labbé) et d’une bande de copines qui, entre elles, s’appelaient les « Désenchantées ».
À lire aussi Marie Denarnaud, une héroïne très discrète
Passer la publicitéEn troisième lecture, c’est encore une chronique adolescente. Ce qu’il en est d’avoir 15 ans dans les années 1990. De vivre aux confins d’un pays entièrement tourné vers sa capitale. Des magouilles des édiles. De l’entre-soi petit-bourgeois. Des squelettes dans les placards. Des mères qui protègent leurs enfants. De celles qui les livrent en pâture. Des questions demeurées sans réponse. Et du fardeau des gens modestes. Fanny « s’en est sortie ». Angélique est restée là-bas. Elles ne se sont plus parlé depuis longtemps.
L’âge des possibles
« Il est des livres qui vous retournent le cœur, tant l’écho qu’ils provoquent en vous emporte tout sur son passage. Désenchantées est de ceux-là », notait le réalisateur, croisé en septembre dernier au Festival de la fiction de La Rochelle. Fin limier, il assume n’aimer rien tant que les histoires en lien avec l’adolescence. «Montrer de quelle manière, et selon le caractère propre à chacune et chacun, l’individu s’affranchit peu à peu de l’enfance, la digère, s’en émancipe, pour mieux se jeter dans cet âge de tous les possibles comme des plus profonds désarrois». Celui de Fanny et sa bande est immense.
L’intrigue le découvre peu à peu au gré d’un dosage assez savant d’allers-retours efficaces entre les deux époques et de ressorts narratifs pas forcément extraordinaires mais justement. Le récit ne se construit pas ici sur l’éblouissement du formidable mais sur un quotidien figé depuis vingt-cinq ans dans l’irrémédiable de la mort de «la petite Sarah» et dans la confrontation de gens ordinaires faisant soudain face à l’extraordinaire. Il dit aussi le déni, le mensonge, la culpabilité et la résilience. Avec cette question, latente : Qu’aurions-nous fait, nous-mêmes, en pareille situation?
Tout est là pour donner à cette minisérie un attrait puissant. D’autant plus puissant que le casting, majoritairement féminin, est parfait. Marie Denarnaud et Constance Labbé mais aussi Élodie Frenck, Fleur Geffrier et leurs pendants adolescents, jolie brochette de nouveau talents. Désenchantées était en compétition au Festival de la fiction de La Rochelle dans la catégorie «suspense» de 52 minutes. Elle y a reçu le prix du jeune espoir masculin Adami.







































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