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Extra-lucide (OCS Ciné+) : le côté obscur d’un superpouvoir

Sabrina Ouazani (Joy) et Camille Rutherford (Denise), meilleures amies pour la vie dans Extra-lucide sur OCS Ciné+.
Sabrina Ouazani (Joy) et Camille Rutherford (Denise), meilleures amies pour la vie dans Extra-lucide sur OCS Ciné+. Julien Scussel

Cette dramédie décalée, primée au Festival de La Rochelle, avec Camille Rutherford et Sabrina Ouazani, est à découvrir ce mardi soir.

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Peut-on être lucide et heureux ? Plus précisément, peut-on avoir le superpouvoir de télépathie, lire dans les pensées des gens, et vivre sereinement, connaître l’amour ? Pour Denise (Camille Rutherford, l’héroïne de Jane Austen a gâché ma vie ), 40 ans, chemise stricte, une profonde mélancolie dans le regard, cette capacité relève presque du cauchemar. Après avoir été quittée par son compagnon lorsqu’il a découvert son don, elle a trouvé refuge à Paris dans le vaste appartement de son amie Joy (Sabrina Ouazani - Pattaya, Plan cœur  -, toujours lumineuse), ancienne vedette du porno.

Se refusant à sortir et se confronter au monde, Denise exerce le métier de coach de vie. Il est tellement simple de dire à ses clients ce qu’ils souhaitent entendre. Mais le monde la rattrape : son père (Antoine Chappey) qui avait abandonné sa famille et perd un peu la tête ; une patiente qui a le grand mérite de dire ce qu’elle pense (Emmanuelle Destremau, coauteur de sa série) ; son ex bourré de regrets ; un amant potentiel ; des SDF que Joy a décidé d’accueillir…

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«La télépathie est un vieux truc de scénariste, c’est formidable de se donner la possibilité d’imaginer les pensées des gens, constate Bruno Merle, coauteur et réalisateur de cette série OCS Ciné+, qui a notamment œuvré sur Papillons noirs. Nous avons élargi le sujet, c’est un prétexte à raconter les gens, à proposer une version de la superhéroïne et comment ce superpouvoir lui pèse.» L’interprète de Denise confirme : «C’est un fantasme que nous avons tous de lire dans l’esprit des autres mais c’est un superpouvoir nul ! Il était drôle de le casser. Au début Denise se pavane, se complaît dans un nihilisme un peu fake, elle a tellement souffert. Mais ce n’est pas une victime, elle peut être méchante. C’est assez ludique pour un acteur de mentir, ce sont des situations de jeu cocasses.»

Nous avons utilisé l’IA. Si on arrive à affûter cette poésie numérique absurde, il peut en sortir des choses incroyables. L’IA est l’inconscient numérique du monde

Bruno Merle, coauteur et réalisateur d’Extra-lucide

Originale et inattendue, tant sur le fond que sur la forme, Extra-lucide est une comédie douce-amère comme OCS Ciné+ sait si bien les faire. Le rythme, le style, évoluent au fil des six épisodes. La série se révèle drôle et déprimante à la fois quand Denise sonde les pensées souvent salaces de ses clients dans un premier volet ludique voire pop où le fantastique fait irruption dans un univers a priori réaliste.

« Nous ne voulions pas nous cantonner aux pensées formulées en mots mais creuser des sensations par la musique, l’image, explique Bruno Merle. Ce n’est pas facile d’avoir accès à l’âme humaine et de filmer l’inconscient, ça part facilement dans tous les sens. Nous avons utilisé l’IA, elle fait un peu ce qu’elle veut et c’est assez magique d’une certaine façon. Si on arrive à affûter cette poésie numérique absurde, il peut en sortir des choses incroyables. L’IA est l’inconscient numérique du monde.» Il sera question d’un singe en lévitation, d’amour, de trauma d’enfance, de réalité, de méduses, de poker, d’illusion, d’espoir, de réfugié politique, et, surtout, d’une formidable histoire d’amitié. Meilleure série 26 min et Meilleure réalisation au Festival de La Rochelle en septembre dernier.

Extra-lucide (OCS Ciné+) : le côté obscur d’un superpouvoir

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