Fary Lopes et Panayotis Pascot : «On n’a jamais pris autant de risques qu’avec la saison 2 de “Loups-garous”»
ENTRETIEN - Le jeu de Canal+, adapté de la boîte Les Loups-garous de Thiercelieux, revient avec quinze nouveaux joueurs et quelques surprises.
Passer la publicité Passer la publicitéLe succès de la saison 1 de « Loups-garous » a été tel (17 millions de visionnages en linéaire et en replay) qu’il était impossible pour Canal+ de ne pas commander une édition supplémentaire. Pour faire aussi bien si ce n’est mieux, Fary Lopes et Panayotis Pascot n’ont eu d’autre choix que de mettre le curseur plus haut. Entretien avec les deux humoristes et créateurs du jeu.
TV MAGAZINE. - Vous attendiez-vous à un tel succès avec la saison 1 de «Loups-garous» ?
Panayotis PASCOT. - On espérait que ça parle aux gens. On était vraiment fiers. On aurait été énervés que ça ne trouve pas son public parce qu’on était convaincu que c’était sympa.
Fary LOPES. - Il y aurait eu beaucoup de gens énervés contre nous parce qu’on n’a eu de cesse de répéter : «Faites-nous confiance». Ce qui a été important, c’est qu’on puisse bouger les lignes et tenter des choses créatives qui n’avaient pas encore été faites. On avait vraiment la volonté de prendre toutes nos références et de créer un truc qui soit...
P.P. - ... hybride.
F.L. - On n’a pas révolutionné le genre mais on a proposé quelque chose avec un petit pas de côté.
P.P. - Dans un monde très codifié comme l’est la télévision, on avait le souhait de bousculer les lignes. On se serait senti bien cons si ça n’avait pas trouvé son public. On est vraiment très heureux que ça ait trouvé son public.
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Passer la publicitéQuelles sont vos ambitions avec la saison 2 ?
P.P. - On veut que le jeu soit compréhensible pour les personnes qui vont le découvrir avec la saison 2. Et on veut que les gens qui ont apprécié la saison 1 puissent être surpris. Il fallait monter d’un cran la narration, le jeu et le gameplay.
F.L. - C’est un jeu qui peut être très technique, et il ne faut pas perdre des gens, que ça devient une niche. On veut que les gens qui aiment Les Loups-garous de Thiercelieux puissent retrouver ce côté technique, stratégique, sans dire : « Mais de quoi ils parlent ? C’est quoi ce jeu de rôles ? ».
Quelles ont été vos plus grandes craintes ?
P.P. - On a voulu faire l’inverse de ce qui se fait d’habitude en télé, qui consiste à reprendre la formule qui a fonctionné. On s’est dit qu’il fallait tout bousculer. Je crois qu’on n’a jamais pris autant de risques qu’avec cette saison. On a bousculé à tous les niveaux mais quand on a commencé à tourner, on s’est dit : « Putain, est-ce qu’on n’a pas trop bousculé ? ». On a eu peur.
F.L. - Surtout sur l’ouverture de l’épisode 1. Quand on l’a tournée, on s’est demandé : «Est-ce que c’est une bonne idée ?». On aborde ce nouveau rôle de producteur et de directeur artistique comme la méthodologie qu’on peut avoir dans notre métier d’humoriste c’est-à-dire qu’on essaie à chaque fois de se surprendre et de s’amuser. Et pour y arriver, on essaie de se challenger.
Y a-t-il des nouveautés ?
F.L. - Oui, pleins. On ne prend que des cartes du jeu. Ça a été un gros débat dans l’équipe. Moi, j’avais une autre conviction. Finalement, je suis vraiment très content parce que les nouvelles cartes choisies ont orienté la partie dès le début. C’est assez déterminant sur la façon dont la saison est lancée.
P.P. - On a aussi essayé d’augmenter d’un niveau les quêtes qui permettent de gagner des rôles supplémentaires. Par exemple, pour certaines d’entre elles, les joueurs n’auront pas les règles et vont devoir deviner ce qu’ils doivent faire.
Comment avez-vous réussi à réunir un réalisateur césarisé, le plus jeune ingénieur français aérospatial à avoir intégré la Nasa, un ancien négociateur du Raid, un hackeur, une ingénieur de police scientifique, un spin doctor, une médium, un philosophe… ?
F.L. - On a fait une bonne saison 1 !
P.P. - En saison 1, ça n’a pas été si simple de convaincre un ancien espion du Bureau des légendes de s’isoler quinze jours dans la forêt pour une émission de télévision. Le succès de la saison 1 a permis d’aller chercher des nouveaux joueurs. Le casting s’est étalé sur presque six mois alors que pour une émission classique, la durée est d’un mois et demi. Nous avons reçu plus de 1500 candidatures et on en a vu plus de 200. On ne cherche pas des profils de la téléréalité.
F.L. - Il nous faut des gens qui ont envie de jouer, et pas des gens qui ont envie de faire de la télé. Notre plus gros sujet sur la saison 3, ça va être le casting.
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Les joueurs ont forcément vu la première de saison de «Loups-garous». Quelles ont été les solutions pour qu’ils restent spontanés ?
P.P. - Sur le tournage, on ne se dit pas qu’il faut qu’on fasse une bonne émission, on se dit qu’il faut que les joueurs fassent une super partie. On est comme des hôtes, on veut organiser un bon week-end à des potes, et faire un vrai jeu ensemble. Il y a plein de choses qu’on ne montre pas, mais pour les mettre dans une énergie, on fait vivre aux joueurs des moments en immersion, on a notamment organisé une soirée qu’on n’a pas gardée au montage.
F.L. - On essaie de les faire rire, de les amuser, de les divertir.
Les côtoyez-vous ?
P.P. - On n’est jamais en contact avec eux pendant le jeu.
F.L. - C’est plus dur pour moi que pour lui car je veux tout le temps intervenir, aller parler avec eux.
P.P. - On est en régie, on les écoute 24 heures sur 24, mais on ne veut pas intervenir. Juridiquement, on ne peut pas car il y a de l’argent à la clé et ils sont censés être en autarcie totale. Évidemment, on leur dit bonjour le matin, on leur parle, on a des bonnes relations avec eux.
F.L. - On les regarde dix heures par jour, on a l’impression que ce sont nos enfants. C’est comme organiser un goûter d’anniversaire pour des enfants, on veut qu’ils s’amusent, pas qu’ils s’ennuient.
Quand on a fait la saison 1 de « Loups-garous », on avait en tête la saison 2, la saison 3, la saison 4 et des prémices de la saison 5. On sait exactement ce qu’on a envie de faire
Fary Lopes
Vous travaillez déjà sur la saison 3. Quel est l’objectif ?
P.P. - Essayer de nous surprendre. On est dans une phase où on discute beaucoup à deux. On est dans un jeu de ping-pong comme il y a 10 ans quand Fary m’aidait à écrire mon spectacle. Il essaie de me surprendre, j’essaie de le surprendre. Je l’appelle et je lui dis : «Putain, tu n’as pas vu ce que je vais te proposer».
F.L. - Quand on a fait la saison 1, on avait en tête la saison 2, la saison 3, la saison 4 et des prémices de la saison 5. On sait exactement ce qu’on a envie de faire.
P.P. - Comme pour une série.
F.L. - C’est assez aiguillé par les cartes qu’on va mettre.
«Loups-garous» intéresse plusieurs producteurs et diffuseurs étrangers...
P.P. - La première saison allemande a cartonné, la saison 2 va bientôt être lancée. On est en négociations avec six pays et le format est préempté dans seize pays.
F.L. - La saison 1 allemande nous a beaucoup challengés. Ils ont des plans vraiment sublimes, et on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse encore mieux qu’eux.
Quel plaisir tirez-vous à faire ce jeu ?
P.P. - On est deux enfants hyper excités, avec plein d’idées, on vient bousculer des trucs, on apprend énormément. C’est passionnant d’apprendre de saison en saison, de réfléchir de manière curieuse, comme des gamins surexcités de produire ce programme.
F.L. - On s’amuse. C’est comme organiser un week-end avec des amis, où on va faire que des jeux, sauf que là, tout le monde est très sérieux sur ce qu’on est en train de faire.
P.P. - Avec un plus gros budget !














































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