«J’aimerais qu’on me supprime de la série» : colère d’un ex-otage du Bataclan contre Des vivants
Rescapé du groupe de onze personnes séquestrées dans un couloir de la salle de concert parisienne le 13 novembre 2015, Victor Anclin-Zanotelli a découvert que son histoire était racontée sans son accord dans la série de France 2.
Passer la publicité Passer la publicitéDiffusée depuis le 3 novembre et jusqu’au 17 novembre sur France 2, la série Des vivants raconte, en huit épisodes, le lien d’amitié et de solidarité entre sept des anciens otages de l’attaque du Bataclan du 13 novembre 2015 surnommés les « potages » (contraction de « potes » et « otages »). Retenus par deux terroristes armés pendant 2h20 dans un couloir fermé du premier étage de la salle de concert, ils en étaient sortis vivants après l’intervention de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI).
« Ce n’est pas un hommage révérencieux, nous a déclaré le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade . Nous montrons des humains dans leur complexité. Les victimes n’ont de toute façon pas envie d’être réduites à ce statut. » La série a été construite en collaboration avec les « potages », leurs proches, des psychologues et le patron de la BRI comme seules sources du récit avec un accord unanime sur ce qui peut être raconté ou pas.
Passer la publicité« J’ai été surpris d’apprendre la sortie d’une série et d’une scène, jouée par quelqu’un, qui me montre en train de me faire tirer dessus »
Victor Anclin-Zanotelli
« La grande problématique, pour eux comme pour nous, était la question de la légitimité, a souligné le réalisateur de Des vivants au sujet des « potages ». Ils vont forcément parler au nom de toutes les victimes dont certaines n’ont pas envie d’être représentées, mais je pense que les points positifs l’emportent. » Un avis que ne partage pas Victor Anclin-Zanotelli. Ce Messin de 23 ans faisait également partie des onze otages retenus dans le couloir du Bataclan.
Après avoir un temps fait partie des « potages », il s’était éloigné d’eux en raison de son installation à Lyon. « J’ai été surpris d’apprendre la sortie d’une série et d’une scène, jouée par quelqu’un, qui me montre en train de me faire tirer dessus, a expliqué Victor Anclin-Zanotelli au Républicain Lorrain . C’est quelque chose qui m’a traumatisé et je me retrouve devant le fait accompli. Je me suis toujours dit que je voulais être loin de ça et, là, quelqu’un me l’impose. Ce n’est pas normal. »
Les excuses et les regrets du réalisateur Jean-Xavier de Lestrade
Le Lorrain aurait aimé être prévenu et consulté par la production de la série afin de donner, ou non, son accord. « L’erreur est humaine, j’aimerais avoir un mot, un mea culpa public pour que les gens qui ont regardé cette série sachent que ça n’a pas été bien fait. J’aimerais qu’on me présente des excuses, pour moi et ma famille, et qu’on me supprime de la série. On ne m’a pas demandé, je n’ai rien à y faire. »
La scène en question est dans le troisième épisode de Des vivants diffusé le 10 novembre à partir de 21h10 sur France 2. À aucun moment, l’identité de Victor Anclin-Zanotelli n’est mentionnée. Auprès de nos confrères, Jean-Xavier de Lestrade a présenté ses excuses à la mère de Victor qui a vu la séquence en question à la télévision. Quant au rescapé du Bataclan, il lui a fait parvenir un courrier. « C’est une vraie erreur de ne pas l’avoir fait avant la mise en ligne de la série. Ce n’est pas bien et je le regrette. »


































neptune75
le
J'avoue que cette série est vraiment bien fait. Je me suis laissé prendre au jeu. Pas de pathos, pas (trop) de "Vous n'aurez pas ma haine". Pas de réalité édulcorée non plus; Tout sonne juste. Bravo au réalisateur et aux acteurs (mention spéciale à l'acteur qui joue celui qui a des éclats dans le dos, tout à fait bluffant)
anonyme
le
Indécence de France Télévision, ça va avec le reste
anonyme 58967
le
Cette serie est excellente. Elle questionne et fait beaucoup réfléchir sur ses propres possibles réactions pendant et après un tel événement, en tant que possible cible ou possible membre de l’entourage. Sans le voyeurisme qui caractérisent au contraire la plupart des documentaires et des reportages. Respect et félicitations au réalisateur. Il s’est excusé auprès du monsieur qui se pose en victime de la série . Lequel a eu ce qu’il dit avoir voulu. Donc n’en parlons plus.