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« Je n’avais que le néant. “Shoah” par Lanzmann » : un film pour ne jamais oublier

Claude Lanzmann et Simon Srebnik, survivant de Chelmno, discutent en septembre 1979 devant l’église où les Juifs furent enfermés avant leur extermination. Srebnik était le plus jeune des 2 seuls survivants du camp de Chelmno en Pologne, où 400 000 Juifs furent exterminés
Claude Lanzmann et Simon Srebnik, survivant de Chelmno, discutent en septembre 1979 devant l’église où les Juifs furent enfermés avant leur extermination. Srebnik était le plus jeune des 2 seuls survivants du camp de Chelmno en Pologne, où 400 000 Juifs furent exterminés USHMM et YAD VASHEM Collection

Guillaume Ribot rend hommage au réalisateur dont le documentaire est sorti il y a 40 ans, avec un film qui s’appuie sur des rushs non utilisés. À voir sur Arte.tv.

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« La réalisation de Shoah a été une longue et difficile bataille. Je voulais filmer, mais, je n’avais que le néant. Le sujet de Shoah, c’est la mort même. Certains soirs, je vivais un calvaire dépourvu de sens, me sentant prêt à abandonner. Mais j’ai toujours tenté, pendant ces douze années de travail, de regarder sans échappatoire le noir soleil de la Shoah. » Dans le rôle du narrateur, Guillaume Ribot dit, en préambule de son documentaire, en voix off, ces mots bouleversants de Claude Lanzmann.

La scène choisie par Guillaume Ribot pour ouvrir son documentaire est un long plan séquence. Il montre le réalisateur de Shoah, seul, au volant d’une voiture. Du petit haut-parleur de la radio s’échappent les premières mesures du deuxième mouvement de la Septième symphonie de Beethoven. Insondable mélancolie. Il faudrait alors revoir Shoah, film enquête entamé en 1973, inscrit depuis 2023 au Registre Mémoire du monde de l’Unesco, et dont les 220 heures de rushs non utilisés, socle de ce documentaire, sont disponibles sur le site du United States Holocaust Museum de Washington.

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Il faudrait aussi relire les Mémoires de Claude Lanzmann, Le Lièvre de Patagonie (2009), dont Guillaume Ribot ponctue son film de nombreux extraits. Je n’avais que le néant. « Shoah » par Lanzmann est un hommage essentiel. Hommage aux 6 millions de Juifs exterminés dans les camps de la mort. Hommage à la libération d’Auschwitz-Birkenau, en janvier 1945. Hommage au réalisateur qui a consacré tant d’années (1976-1981) à l’élaboration d’un monument de plus de 9 heures et fêterait ce 27 novembre ses 100 ans. Hommage au film lui-même enfin, sorti en 1985.

Entre making of et road movie

Sachant que 46 % des Français âgés de 18 à 29 ans reconnaissent n’avoir jamais entendu parler de l’Holocauste, ce type de programme semble plus que jamais nécessaire. « Les lacunes alarmantes en matière de connaissances, en particulier parmi les jeunes générations, mettent en évidence le besoin urgent d’une éducation à l’Holocauste plus efficace », déclarait, il y a quelques mois, le président de l’organisation Conference on Jewish Material Claims Against Germany, Gideon Taylor.

Le cinéaste et photographe Guillaume Ribot travaille depuis 1998 sur la Shoah. Depuis qu’il a découvert que ses grands-parents avaient caché des enfants juifs pendant la guerre et que deux de ses oncles résistants avaient été déportés. Il considère, comme beaucoup de ses pairs, que l’image, et particulièrement le cinéma, est un véhicule privilégié de la mémoire et de la transmission. Son point de départ ? Une citation de Vladimir Jankélévitch : « Si nous cessions d’y penser, nous achèverions de les exterminer et ils seraient anéantis définitivement. Les morts dépendent entièrement de notre fidélité. »

Son point de vue ? Se placer dans les yeux de Claude Lanzmann et imaginer ce retour sur images sous la forme d’un hybride entre making of et road movie. De la difficulté à trouver l’idée de départ pour le montage du film, en passant par l’élaboration de son fil conducteur, la recherche des victimes et surtout des bourreaux, les ruses pour enregistrer ces derniers sans qu’ils le découvrent, le financement, la libération de la parole, la mise en scène enfin.

Coproduit par Arte France, Je n’avais que le néant. « Shoah » par Lanzmann a été présenté aux festivals de Berlin, de Telluride et au Festival Lumière à Lyon. Il est disponible sur Arte.tv, de même que l’œuvre de Claude Lanzmann.

« Je n’avais que le néant. “Shoah” par Lanzmann » : un film pour ne jamais oublier

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2 commentaires
  • anonyme 28992

    le

    Stooooooop!

  • jphi

    le

    Et pourtant 100% des jeunes français de 18 à 29 ans sont allés au collège et entendu sans écouter sans doute leurs professeurs d’histoire. L’Holocauste est au programme de la classe de 5eme et de 4eme….Lamentable quand on pense que 90% d’entre eux ont le bac !!!!!

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