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La Disparue de Compostelle (France 2) : polar au féminin pluriel

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Olivia Côte dans La Disparue de Compostelle, sur France 2.
Olivia Côte dans La Disparue de Compostelle, sur France 2. Fabien MAL0T / Fabien MALOT - France Télévisions

Triste histoire de disparition d’enfant mais beau récit de sororité, cette nouvelle minisérie place Olivia Côte dans le rôle d’une flic lancée sur les traces d’une enfant.

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Quelques semaines après la diffusion de Désenchantées, adaptée de Marie Vareille, qui racontait la réouverture d’une enquête sur la disparition d’une jeune fille des années plus tôt, France 2 propose La Disparue de Compostelle, autre série, autre gamine introuvable et autre « cold case ».

Preuve que la fiction policière a encore de très beaux jours devant elle. Que les faits divers les plus sordides donnent lieu aux histoires les plus intrigantes. Et que l’appétence du public pour le genre ne se dément pas. La première série policière remonte aux origines mêmes de la télévision. Les années 1980 les ont vues fleurir. Les années 2000 les ont vues évoluer. Les années 2020 les peaufinent - miniséries bouclées en 4, 6 ou 8 épisodes, adaptations littéraires en pagaille, personnages creusés.

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Disparitions d’enfants

Autant de récits du réel dont la fonction cathartique est évidente. Parmi eux, les disparitions d’enfants, que ces deux dernières séries explorent, comme avant elles Broadchurch, The Missing, The Stolen GirlRivages, Les enfants sont roisÇa, bienvenue à Derry, Rien ne t’efface ou encore The Tower.

Le postulat de La Disparue de Compostelle est clair. « L’idée m’est venue le 30 avril 2023 à la lecture d’un article de journal racontant “le mépris et le dégoût” du père d’Estelle Mouzin à l’égard de vidéos sur TikTok imitant sa fille (disparue depuis le 9 janvier 2003) grâce à l’IA pour gagner des clics. Dans le même article, son avocat qualifiait ces vidéos d’“odieuses et inquiétantes” », explique le scénariste Pierre Monjanel dans sa note d’intention.

Le 26 novembre 2020, du côté de Saint-Guilhem-le-Désert, village paisible de l’Hérault, Emma, 12 ans, avait comme chaque matin quitté la maison pour l’école. On ne l’a jamais revue. Police et gendarmerie n’ont jamais retrouvé son corps. L’enquête a piétiné pendant des mois. Rien. Jusqu’à cette vidéo, sortie de nulle part cinq ans après et largement diffusée sur la toile. L’auteur, trop informé pour être honnête, met en scène Emma relatant ses dernières heures, à l’aide d’une IA.

Jeanne Nogarède, gendarme à la rurale, y trouve matière à reprendre ses recherches. Elle est incarnée par Olivia Côte, plus célèbre pour ses rôles de comédie dans Vous les femmes et César Wagner, qui livre ici une de ses premières performances dans le registre du drame. Et convainc.

Parce que l’histoire est construite. Parce qu’elle tire sur d’autres fils que celui du strict polar, lorgnant largement du côté des jeux intrafamiliaux. Parce qu’elle se déroule en milieu rural et s’attache au quotidien de gens que leur isolement rend à la fois solidaires et peut-être d’autant plus vulnérables. Enfin parce que cette série est aussi une grande histoire d’amitié et de sororité.

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Le terme est un peu trop à la mode. Pour autant, il offre aux scénaristes de belles itérations autour du thème de la relation entre les femmes. De jolis rôles aussi. Celui de Jeanne donc, ainsi que Christine (Cécile Rebboah), mère de la victime, Alice (Nicole Calfan), mère de Jeanne, atteinte de la maladie d’Alzheimer, Léa (Carole Bianic), maire du village, victime collatérale, ou encore Dominique (Anouk Féral), battue par son mari durant des années…

La Disparue de Compostelle n’est certainement pas la série du siècle. Mais, encore une fois, elle séduit autant qu’elle interpelle.

La Disparue de Compostelle (France 2) : polar au féminin pluriel

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1 commentaire
  • Rick Hochet

    le

    Le scénario semble tellement rabâché (sauf peut-être sur l’usage de l’IA) qu’on a déjà l’impression d’avoir vu dix fois cette série avant même de ne pas la regarder….

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