Landman revient sur Paramount+ : Shakespeare chez les cow-boys
Dans la saison 2 de la série de Taylor Sheridan au sein de l’industrie pétrolière au Texas, les personnages de Billy Bob Thornton et Demi Moore gagnent en pouvoir.
Passer la publicité Passer la publicité« Je suis le plus grand producteur indépendant de pétrole de la région. La seule différence entre mon défunt mari et moi, c’est que je suis encore plus méchante. Testez-moi, vous verrez à quel point. Bon appétit, j’ai payé ce déjeuner avec votre p… d’argent ! » Cami Miller (Demi Moore) ne mâche pas ses mots face à l’assemblée de banquiers qui ne la considéraient jusque-là que comme une « femme trophée ». Vulnérable, l’émotion à fleur de peau, elle n’en trouve pas moins la force nécessaire pour imposer sa succession.
Tommy Norris (Billy Bob Thornton), lui aussi, a pris du galon. Voilà le « landman », l’intermédiaire qui négociait les droits de forage et homme à tout faire, dirigeant de la compagnie. Il n’avait pas particulièrement la volonté de devenir le boss. Il s’agit plutôt d’un concours de circonstances. Du sens du devoir. Ne pas lâcher l’épouse de son meilleur ami dans ce moment difficile. Car Tommy est un gars fiable. Au boulot comme à la maison.
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Passer la publicitéL’une des grandes qualités de Landman, qui revient en saison 2 sur Paramount +, est de montrer ces deux versants. L’industrie pétrolière, ses enjeux financiers, juridiques, environnementaux, l’enfer du travail au quotidien dans les puits, rare à l’écran. La façon dont ce job dévore littéralement Tommy aussi. Et la vie de famille mouvementée du héros. Une femme (Ali Larter) dont il est fou amoureux et réciproquement, mais en mode chien et chat. Bimbo au grand cœur, elle fait danser les résidents de l’Ehpad local, et se révèle une excellente cuisinière entre deux virées shopping. « Tu as de beaux seins », lance Tommy en désespoir de cause après une dispute très théâtrale. « Tu dis la seule chose qui peut te sauver », réplique-t-elle en lui tombant dans les bras. Sa fille aussi (Michelle Randolph, vue dans 1923), dont le seul but est de devenir une parfaite pom-pom girl et de rencontrer un bel athlète : « Il faut permettre aux gens beaux de se reproduire ensemble », théorise-t-elle avec un grand sérieux dans son entretien d’admission en fac. Des scènes de pure comédie.
Son fils (Jacob Lofland), qui a tenu à rester dans son sillage professionnel, continue, lui, à faire de mauvais choix, causant bien du tracas à son géniteur. Son père (touchant Sam Elliott, 1883) enfin, dont on fait connaissance, ancre Tommy dans une histoire généalogique complexe au registre plus grave.
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« Aborder différents styles fait la force de cette série, confie Billy Bob Thornton au Figaro. Vivez simplement une journée. Vous vous levez, il vous arrive quelque chose de drôle, puis d’étrange. Le grille-pain explose, vous vous disputez avec votre conjoint. Puis vous allez au travail, ça peut se révéler affreux ou merveilleux. Il y a de l’absurdité dans la vie. Le nier dans une fiction c’est se priver de quelque chose. De plus, avec Taylor Sheridan , chaque personnage a sa personnalité, une voix distincte. Tous les auteurs ne savent pas faire ça. Woody Allen est brillant mais, dans ses films, tout le monde parle comme lui ! »
Le héros de Fargo et de Goliath va encore plus loin à propos du créateur de Yellowstone et ses dérivés : « Les westerns comme les soap operas reprennent toutes les composantes d’une œuvre de Shakespeare. Si on la réduit à du langage courant, ce ne sont que trahisons et coucheries. Donc on peut dire que Taylor Sheridan, qui allie le sens des histoires et celui des dialogues, est le Shakespeare cow-boy ! »







































Reflexionlibre
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Excellente série ! Je recommande vivement. Enfin un réalisateur, Sheridan, qui n’est vraiment pas wokiste.