Le Comte de Monte-Cristo : après le film, la série
Sur France.tv dès aujourd’hui et sur France 2 le 26 décembre, cette nouvelle adaptation par Bille August est une réussite.
Passer la publicité Passer la publicitéDans son Dictionnaire amoureux d’Alexandre Dumas, publié en 2010, l’historien et académicien Alain Decaux, écrit ceci : « Le nom d’Alexandre Dumas est plus que français, il est européen ; il est plus qu’européen, il est universel. Son théâtre a été affiché dans le monde entier ; ses romans ont été traduits dans toutes les langues. Alexandre Dumas est un de ces hommes qu’on peut appeler les semeurs de civilisation ; il assainit et améliore les esprits par on ne sait quelle clarté gaie et forte ; il féconde les âmes, les cerveaux, les intelligences ; il crée la soif de lire ; il creuse le génie humain, et il l’ensemence. » Cette nouvelle adaptation du Comte de Monte-Cristo, écrit sous la forme d’un feuilleton publié entre 1844 et 1846, en témoigne. Tournée pour la télévision dans la foulée du film de 2024 porté par Pierre Niney, elle rend hommage au créateur.
Raconter le monde
Elle respecte ses sources d’inspirations, reprend pieusement les grands traits du roman et honore ses personnages. Fabriquée sous l’égide de l’Alliance, puissante association de diffuseurs européens dont France Télévisions, elle assume le genre auquel elle appartient tout en le modernisant. Le producteur italien à l’origine de l’idée rêvait de mettre un jour en images ce roman « fondateur ». Le réalisateur danois Bille August, rare lauréat de deux palmes d’or (Pelle le conquérant en 1988 et Les Meilleures Intentions en 1992) n’imaginait pas qu’on le solliciterait « sur un terrain aussi stimulant, actuel, impressionnant ».
Passer la publicitéQuant aux acteurs, de Sam Claflin, découvert dans la trilogie Hunger Games, Ana Girardot, l’étonnante Juliette de Ce qui nous lie, et Jeremy Irons, inoubliable Claus Von Bulow, ils ont trouvé dans les rôles d’Edmond Dantes, de Mercedes et de l’abbé Faria matière à explorer une vaste palette de jeu. « J’ai accepté de jouer Faria pour faire plaisir à mon ami Bille. De ce qu’il m’a dit du politique, de l’actualité, du romanesque de l’œuvre et de ce que j’en entrevois au contact de mon personnage, je comprends maintenant qu’il va falloir que je lise Alexandre Dumas… », nous confiait ce dernier sur le tournage. A-t-il lu le roman depuis ? Comment savoir. Et peu importe d’ailleurs. La manière dont il incarne le mentor du futur comte, la concision de leurs dialogues, la sobriété de leurs jeux emportent. À quoi s’ajoute la réalisation, superbe, le rythme toujours soutenu, les paysages sublimes de l’île de Malte, désormais haut lieu de ce type de production, la lumière et la qualité de la reconstitution.
Les spécialistes de Dumas trouveront sûrement à redire. Tant du point de vue historique et politique que du point de vue littéraire. Ils condamneront aussi certaines séquences un peu « cucul », comme le repas partagé dans ce petit port un peu trop pittoresque avec une famille de pêcheurs italiens. Ce serait oublier le divertissement que représente cette fiction et le public auquel elle s’adresse ; les précédentes adaptations du roman pour le petit écran, dont celle de Josée Dayan, grandiloquente, avec les Depardieu, père et fils, dans le rôle-titre ; et l’ambition d’Alexandre Dumas lorsqu’il écrivait ses romans-feuilletons : raconter le monde par le romanesque et rendre la littérature populaire. Présentée à Canneséries et au Festival de la fiction de La Rochelle cette année, cette série a marqué les esprits.






































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