Les Celtes, des origines à la chute (RMC Découverte) : le génie mis en évidence
Le documentaire d’Olivier Lacaze remet en cause la réputation de barbares dont sont encore aujourd’hui victimes les membres de cette civilisation.
Passer la publicité Passer la publicitéLes Celtes ont la peau dure. Les clichés à leur sujet aussi. Faisons le compte : rustres et bagarreurs, vêtus de hardes, vivant dans des huttes, se ruant demi-nus au combat dans une bousculade générale, bref primitifs en tout point. L’image même du parfait barbare. Le tableau est plus ou moins nuancé selon les visions que nous ont léguées bien des peintres, des sculpteurs, des dessinateurs et cinéastes depuis le XIXe siècle.
De la statue monumentale de Vercingétorix à Alésia, tout en anachronismes, aux caricatures ultra-virilistes de Hollywood, les Celtes demeurent mal compris, mal interprétés, mal représentés. Serait-ce parce que l’on manque d’éléments pour comprendre cette civilisation qui embrassa le continent européen, de la fin de l’âge du bronze jusqu’aux conquêtes romaines ? Absolument pas, martèle le documentaire Les Celtes, des origines à la chute, diffusé sur RMC Découverte. Un film qui bat en brèche les idées reçues sur ces populations protohistoriques en retissant l’histoire de leur redécouverte.
Passer la publicitéDresser en cinquante minutes un panorama du monde celtique pourrait s’apparenter à un exercice périlleux. Il n’en est rien. Sous la direction d’Olivier Lacaze, cette pérégrination autour des sites fondateurs de l’archéologie celtique suit un parcours assez bien balisé pour saisir les grandes particularités de cette civilisation. Nous voilà ainsi propulsés au pied des montagnes suisses, aux bords du lac de La Tène, dans le canton de Neufchâtel. Un large dépôt d’objets en fer y a été fortuitement découvert, en 1857, par un pêcheur local. Miraculeusement préservés dans la vase lacustre, les milliers d’objets mis au jour présentent un remarquable tour d’horizon de l’artisanat celtique.
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Montées en trophées pour célébrer une bataille qui se serait produite il y a plus de 2 000 ans, des armes d’une grande finesse attestent d’un haut savoir-faire métallurgique, mais aussi d’une manière de guerroyer particulière. Le Celte n’était pas fou : son équipement léger lui permettait d’être très agile et de pratiquer un combat mobile et dynamique, assurent les experts conviés, en soulignant le contraste de ces panoplies guerrières avec les armes lourdes des légionnaires romains.
Ruines d’une proto-ville
Toujours dans les Alpes, autrichiennes cette fois, le site de Hallstatt a livré d’autres merveilles aux pionniers de l’archéologie celte. Plus de 20.000 objets ont été exhumés des alignements de tombes identifiées au XIXe siècle sur les bords d’un lac alpin. Les sépultures, d’un rare niveau d’opulence, renfermaient de nombreux biens de luxe, tels que des perles d’ambre ou de l’ivoire d’Afrique, signe de l’inscription des populations au sein de vastes réseaux d’échanges. Des mines de sel, en activité depuis quelque 7 000 ans, ont fait la richesse des habitants successifs de Hallstatt. Les dimensions du complexe souterrain donnent le vertige ; certaines salles, au plus profond de la mine, ont été creusées sur 20 mètres de hauteur. Soit l’équivalent d’un immeuble de huit étages. L’une des éloquentes modélisations 3D du documentaire présente un aperçu de cette souricière. Les spécialistes estiment qu’à son apogée, près d’une tonne et demie de sel pourrait en avoir été extraite par jour.
D’autres sites complètent le tableau. Loin d’habiter des cabanes forestières, les Celtes ont assez tôt fait bourgeonner de véritables bourgades. Également mis au jour au XIXe siècle, les vestiges de la Heuneburg, sise sur les bords du cours allemand du Danube, présentent les ruines d’une proto-ville fortifiée autour d’une acropole, qui – avec ses quelques centaines d’habitants – formait sans doute au VIe siècle av. J.-C. un centre économique régional majeur. Quelque 400 ans plus tard, l’oppidum de Bibracte, en Bourgogne, summum de l’art urbain celtique, accueillait jusqu’à 10.000 habitants. Alors, toujours barbares, ces Celtes ?








































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