Passer la publicité
Passer la publicité

Los años nuevos (Arte) : les âmes sœurs de la Saint-Sylvestre

Iria del Rio et Oscar Francesco Carril dans Los años nuevos sur Arte.
Iria del Rio et Oscar Francesco Carril dans Los años nuevos sur Arte. Ernesto Reguera.

Dans cette série, le réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen ausculte un couple durant une décennie de réveillons. Déchirant de vérité.

Passer la publicité
Passer la publicité

Radiographier un couple tous les ans à la même date pour y déceler les failles encore invisibles, les désirs inconscients. Le concept a été tenté avec charme par la comédie romantique de Netflix Un jour . Le réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen (As bestas) tourne le dos aux thrillers qui ont fait sa renommée et reprend l’idée, avec la bouleversante série Los años nuevos , à découvrir dès maintenant sur Arte.tv. En attendant la diffusion sur la chaîne franco-allemande à partir du jeudi 20 novembre. Sans le moindre mélo, cette épopée intime est sidérante et ravageuse. Le cinéaste choisit le 31 décembre, « nuit de tous les bilans, de tous les possibles en matière de rencontres et de retrouvailles » pour ausculter sur dix ans la complicité amicale et amoureuse d’Ana (Iria del Rio) et Oscar (Francesco Carril).

Lorsqu’ils se croisent en 2016, autour du bar qu’elle tient, l’attirance est immédiate entre la jeune femme passionnée et libre et le médecin plus ordinaire, sur la réserve et la mélancolie. Blessé par une rupture récente, l’interne la suit chez des amis qu’il ne connaît pas avant de la ramener chez lui. Pourtant, les étoiles ne s’alignent pas toujours. Tantôt potes, tantôt amants, tantôt en couple, tantôt des ex… Le spectateur, à qui la série tend un miroir sur ses propres cheminements et atermoiements sentimentaux, ne les retrouve jamais là où il les a laissés. À lui d’établir les événements qui ont pu rapprocher ou éloigner le duo entre le 2 janvier et le 30 décembre écoulés au fil des indices laissés dans les dialogues.

Passer la publicité

Magie et brutalité

Au Figaro, Rodrigo Sorogoyen confie avoir recherché « le naturalisme et réalisme le plus absolu ». La genèse de sa chronique est personnelle. « J’étais en 2016 avec ma compagne de l’époque et nous nous remémorions nos réveillons passés. Chez nos parents, entre amis, en voyage. Ceux où on s’était croisé sans se remarquer. C’était une discussion drôle, comique qui révélait aussi la marche inexorable du temps », raconte le réalisateur de 44 ans. Il avoue, comme ses protagonistes, avoir succombé au retour de flammes. Pour lui, il fallait ancrer Ana et Oscar entre la trentaine et le début de la quarantaine. La période où se font les choix d’une vie (mariage, parentalité) mais où aussi se faufile le deuil avec les premières disparitions de proches.

Rodrigo Sorogoyen a conçu ses dix épisodes comme autant de petits films indépendants, qui tiennent en une merveilleuse unité de temps et de lieu. Avec des figures imposées comme les fêtes trop arrosées, le repas familial ou le voyage à l’étranger. L’actualité s’invite parfois, à l’image de la pandémie, qui empoisonne une garde d’Oscar. Certains volets sont des tours de force comme l’escapade du duo à Berlin. Leur virée en boîte de nuit, sous l’influence de paradis artificiels, s’ouvre sur une transe et communion totale avant de tourner à la révélation surréaliste, où les digues de la vérité craquent. Rodrigo Sorogoyen, qui a tenu à tourner chronologiquement et a pu obtenir des répétitions d’un mois, garde le plus bluffant pour la fin avec un ultime volet réalisé en un seul plan séquence. Sans jamais quitter l’espace exigu d’une chambre d’hôtel.

Mue par une honnêteté et une sensualité brûlantes, Los años nuevos est traversé par la même fulgurance que Normal People, amplifiée par une mise en scène immersive d’une sensualité brûlante. C’est la vie dans toute sa banalité, quotidienneté, magie et brutalité qui déferle. Rodrigo Sorogoyen dit aussi avoir été influencé par Bergman et la trilogie Before, de Richard Linklater. Et de conclure : « Cette série m’a rappelé à quel point il était difficile d’abandonner un amour, de quitter une personne. Il reste malgré tout quelque chose de fort qui lie. Il y a mille et une manières d’aimer et cela ne finit pas toujours par le couple. »

Los años nuevos (Arte) : les âmes sœurs de la Saint-Sylvestre

S'ABONNER

Partager via :

S'abonner
Passer la publicité
Passer la publicité
Aucun commentaire

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

À lire aussi