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Louis-Ferdinand Céline, le génie du mal sur France 5

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Louis-Ferdinand Céline.
Louis-Ferdinand Céline. DALMAS/SIPA

Un documentaire inédit brosse le portrait sans fard de l’auteur de Voyage au bout de la nuit . Un homme habité par une noirceur inouïe.

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Ça a débuté comme ça. Louis naît le 27 mai 1894, à Courbevoie. Ses parents, Ferdinand Destouches, employé dans une compagnie d’assurances, et Marguerite, commerçante, forment un couple typique de la classe moyenne. La mère tient une boutique de dentelles à Paris, passage Choiseul, où ils habiteront une grande partie de leur vie. Ils entourent l’enfant d’amour, et plus tard ce dernier épousera la profession de médecin. Mais voilà, celui qui deviendra l’un des plus grands écrivains français - et des plus controversés - racontera tout autre chose : il dira qu’il recevait chaque jour de grandes gifles, que son existence était celle d’un chien maltraité… « Mais c’est totalement faux, s’insurge l’académicien Frédéric Vitoux, auteur d’une biographie de référence. On le mesure mieux maintenant. Toutes les lettres de l’enfance découvrent un autre univers : une famille aimante qui s’occupe bien du fils. Je pense qu’il y a beaucoup d’affabulation dans ce que Céline a écrit, et, surtout, il y a la construction de la figure du génie. »

Amnistie miraculeuse

C’est par cette mise au point que démarre Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour, la série documentaire de 3 × 45 minutes réalisée par Florence Platarets et écrite par Philippe Collin. Une manière de casser le mythe du fameux écrivain. Car, tout au long de son existence, ce « génie du mal » a cherché à composer l’image d’un incompris et d’une victime. Le premier épisode s’ouvre sur ce constat : « Louis-Ferdinand Céline, vous êtes un drôle de personnage. Vous déchaînez les passions par vos œuvres, vos idées et vos attitudes. Vous répétez souvent que l’on vous comprend mal ; ce pourrait être l’occasion de vous comprendre un peu mieux. »

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Il y a bien sûr ce que l’on connaît du personnage : les passages obligés quand on évoque Céline et son entrée fracassante en littérature en 1932, avec Voyage au bout de la nuit, qui rata le Goncourt de peu mais reçut le Renaudot ; ou sa lettre à Gaston Gallimard, un morceau d’orgueil et de vanité - « C’est du pain pour un siècle entier de littérature. C’est le prix Goncourt 1932 dans un fauteuil pour l’heureux éditeur qui saura retenir cette œuvre sans pareille, ce moment capital de la nature humaine… ». Il n’avait pas tort, le bougre. Moins léger, le documentaire souligne que l’antisémitisme de Céline était profond (on le savait) et précoce (on le savait moins). Très tôt, il s’est tourné vers une écriture nourrie au fiel, celle de ses pamphlets, ou ses paroles, quand il affirmait : « Je préférerais douze Hitler plutôt qu’un Blum omnipotent. » Plus tard, d’autres ont cherché à façonner une légende en mettant un voile sur sa haine des Juifs.

Quelques perles également, comme cette remarque du directeur de son école lorsque Céline n’était que le petit Louis : « Enfant assez intelligent, mais gâté par la famille. Aussi se croit-il une merveille, et il est vaniteux au-delà du possible. »

Le résultat est un film d’une précision rare, remarquablement documenté, instructif. C’est un portrait total, psychologique et sans fard. Il s’appuie sur les commentaires et les analyses de grands spécialistes tels que Frédéric Vitoux, mais aussi Pascal Ory, Émile Brami, Laurent Joly, Anne Simonin, Odile Roynette, Jean Ruhlmann… Peut-être même qu’à la fin de ces 135 minutes on a le sentiment de pénétrer au cœur d’un homme habité par une noirceur inouïe, un être qui n’a jamais été satisfait - le film l’illustre à plusieurs reprises, durant la guerre et après, quand, en 1950, il a été lourdement condamné pour collaboration et a réussi à s’en tirer par une amnistie miraculeuse, pour ne pas dire douteuse (épisodes 2 et 3). C’est fou, pour quelqu’un qui ne cessait de clamer : « Je trouve que tous les autres sont coupables. »

Louis-Ferdinand Céline, le génie du mal sur France 5

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4 commentaires
  • anonyme

    le

    Entreprise de démolition récurante de Céline par le service public que le Figaro nous présente béatement.

  • Paycheck

    le

    Une liste de "spécialistes" sur laquelle ne figure pas François Gibault, le meilleur connaisseur de la vie de Céline, ça commence mal…

  • Joy Lang Méa

    le

    Frédéric Vitoux connaît mieux la jeunesse de Céline que Céline lui même...

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