Palm Royale (Apple TV) : les précieuses ridicules
Chronique de l’Amérique des années 1960, cette saison 2 de la série produite et incarnée par Laura Dern est encore plus drôle et cruelle.
Passer la publicité Passer la publicité« Qui veut voler trop près du soleil se brûle les ailes. » Cette citation bien commune résume à elle seule la position malaisée - et malaisante - dans laquelle la saison 1 de cette série a laissé ses personnages. Coproduite par Laura Dern, égérie lynchéenne, et adaptée par Tate Taylor (La Couleur des sentiments ) du best-seller Mr. and Mrs. American Pie, Palm Royale suit les tribulations de Maxine Dellacorte (Kristen Wiig), jeune, belle, joliment mariée, déterminée à se faire une place (et un nom) au sein de l’élite frivole de Palm Beach, mais transfuge de classe. Nous sommes au début des années 1960.
Le rêve américain est intact. La place de la femme de classe moyenne se limite encore à la gestion domestique. Désœuvrées, les mieux dotées s’engluent dans un mortel ennui qu’elles trompent au bord des piscines des grands hôtels, en séances de manucures interminables et en petites magouilles tantôt amicales, tantôt viscérales.
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Passer la publicitéLa saison 1 s’est close sur la tentative d’assassinat du président Richard Nixon, de passage en Floride, dont Robert (Ricky Martin), le chéri de ces dames, est la malheureuse victime collatérale. La saison 2 ouvre sur la neutralisation de Maxine, supposément traumatisée par le double drame, mais aussi de Linda (Laura Dern), la libraire, l’activiste, soupçonnée d’avoir tiré. Les deux amies sont internées dans le service de psychiatrie de l’hôpital local, le temps de l’enquête. L’une, « défoncée » aux cocktails artificiels. L’autre, placée à l’isolement dans une cellule dont le capiton a des allures de papier peint Laura Ashley.
La comédie de la vie
Pour leurs ennemies, les vieilles commères, les précieuses ridicules (Evelyn, Mary, Norma…), la comédie de la vie peut reprendre son cours, mélange féroce de Shakespeare, Corneille, Molière, Laclos, Balzac et Agatha Christie. Une grosse pointe d’humour en plus. « Comme le livre dont elle s’inspire, cette série est une peinture au vitriol de la condition féminine aux États-Unis dans les années 1960. Les femmes sont sur un seuil. Certaines n’auront pas le choix (et ne l’ont d’ailleurs souvent toujours pas). D’autres choisiront la liberté d’agir et de penser. D’autres encore, par exemple celles de ce petit microcosme, se cramponnent à cette idée qu’un mariage d’argent vaut mieux que toutes les libertés. Elles sont les pantins de leurs propres desseins. La fable est à la fois drôle et cruelle… », rappelle Laura Dern, tombée amoureuse du best-seller dès sa première lecture et impeccable dans le rôle de Linda.
Le premier épisode a des allures de delirium tremens. Le deuxième va plus loin dans l’exacerbation des turpitudes de chacun. Et ainsi de suite. Dans la veine d’un Desperate Housewives surdimensionné, Palm Royale, comme The White Lotus, Sirens ou la récente The Hunting Wives dont l’une des protagonistes a été comparée à Melania Trump, brosse le portrait d’une Amérique dont l’absence de limites, les croyances ridicules, la vanité et la volonté de toute puissance frise la folie. Mais pas seulement. Elle dit aussi l’âpreté du combat des femmes pour se libérer du joug masculin. À l’évidence, la plupart d’entre elles s’y prennent quand même très mal.







































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