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Une nouvelle ère (France 3) : Silence, ça tourne à « Downton Abbey » !

Une nouvelle ère exige de laisser son cynisme à la porte. Et propose un double voyage sur la Riviera et dans l’histoire du septième art.
Une nouvelle ère exige de laisser son cynisme à la porte. Et propose un double voyage sur la Riviera et dans l’histoire du septième art. Universal / Ben BLACKALL - Focus Features / Carnival Film & Television

Dans ce second film dérivé de la série, les Crawley et leurs domestiques découvrent le septième art et la Côte d’Azur sous la tutelle de Nathalie Baye et de Jonathan Zaccaï.

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Impossible pour Julian Fellowes d’apposer le mot « Fin » au générique de sa série culte Downton Abbey . Il en a retrouvé les protagonistes pour trois longs-métrages, dont le dernier volet - épilogue officiel - est sorti dans nos salles en septembre dernier. Ce Grand Final  était porté par un sérieux et une gravité sortant de l’ordinaire pour la saga. Jusque-là, elle avait privilégié la légèreté et le trivial pour ses incursions sur grand écran. À l’image du second film, Une nouvelle ère , parfaitement taillé pour les fêtes de fin d’année, que France 3 diffuse pour la première fois en clair ce soir.

Comédie sucrée, Une nouvelle ère exige de laisser son cynisme à la porte. Et propose un double voyage sur la Riviera et dans l’histoire du septième art. Le réalisateur Jack Barber (Hugh Dancy) veut en effet utiliser l’ancestrale demeure du Yorkshire comme décor et y amène une star peroxydée, la capricieuse diva Myrna Dalgleish (Laura Haddock). Évidemment, le comte de Grantham (Hugh Bonneville), gardien des valeurs conservatrices, est vent debout contre ce projet de film. Pragmatique, sa fille aînée, Mary (Michelle Dockery), désormais gestionnaire, y voit un moyen de financer une nouvelle toiture, en cette année 1928.

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L’adieu à Maggie Smith

Comme si cette invasion d’artistes ne suffisait pas, l’acerbe comtesse douairière Violet Crawley (Maggie Smith, à la repartie toujours divine) révèle aux siens avoir hérité d’un admirateur une villa sur la Côte d’Azur. Un contingent de Crawley et de serviteurs s’y rend pour rencontrer l’héritier lésé (Jonathan Zaccaï) et sa mère revêche (Nathalie Baye). Ils y découvrent les secrets de jeunesse de leur aïeule bien aimée et l’art de vivre à la française. Notamment des fêtes enivrantes à la Gatsby le magnifique.

En divisant la maisonnée et en multipliant les intrigues parallèles, Julian Fellowes crée des situations improbables, alterne rires et larmes, multiplie les références au feuilleton originel. Les doubles sens, les bons mots, le comique de situation lié au patriotisme zélé de certains sont au rendez-vous. Une nouvelle ère recèle une leçon de cinéma piquante. Barber fait face à l’arrivée des films parlants et doit dans la précipitation se mettre au goût du jour. Difficile quand les acteurs issus du muet miment au lieu de jouer et qu’ils ont des accents vulgaires. Par ailleurs, les caméras sont tellement bruyantes qu’il faut les enfermer dans un caisson. Mésaventure bien réelle dont a fait les frais le grand-père d’un des producteurs du feuilleton lors du tournage de Chantage, de Hitchcock.

Julian Fellowes orchestre un choc des cultures entre ceux d’en bas et ceux d’en haut. Divertissement populaire, le cinéma s’adressait aux classes populaires et non à l’aristocratie. Pour une fois, ce sont les domestiques qui connaissent les règles du jeu. Ce renversement des valeurs permet aux valets de pied, femmes de chambre et cuisinières d’avoir enfin leur heure de gloire. Et pour ceux qui n’auraient pas encore été touchés par la grâce du happy end d’y accéder.

Bien qu’intitulé Une nouvelle ère, ce film distille un parfum mélancolique - c’est la dernière apparition à l’écran de Maggie Smith, décédée à l’automne 2024. À travers le personnage de Violet, qui se sait condamnée par la maladie et qui pousse Mary à être la voix de la modernité, le film revêt dans son dernier quart d’heure des allures de crépuscule. Le sentiment du temps qui passe, de la mort inéluctable et du déclin de cette sphère de privilèges qui chérit la parade est palpable. Julian Fellowes retrouve ici son obsession première : raconter le passage du témoin à une jeune génération et la façon dont un monde, celui de l’aristocratie, rend son dernier souffle.

Une nouvelle ère (France 3) : Silence, ça tourne à « Downton Abbey » !

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